** - Lot 183

Lot 183
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Estimation :
8000 - 10000 EUR
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** - Lot 183
** Recueil dévotionnel composite (ժողովածու) ayant appartenu au catholicos Israël de Jraberd Manuscrit arménien sur papier, copié et enluminé par le prêtre Barsegh en 1710, dans l'église de la Sainte Mère de Dieu, située dans le village de Karahat (Gandzak). Rédigé dans une belle écriture notrgir, en texte continu disposé sur 19 lignes, il présente de nombreuses lettres ornées ainsi que des enluminures marginales, et comporte également des pages de titre richement décorées, avec des bandeaux introduisant les différentes sections de l'ouvrage. 265 feuillets (530 pages). 14,5 x 9,5 x 6 cm. Reliure d'époque en cuir, ornée d'une Annonciation sur le premier plat et des armoiries de l'ordre russe de Saint-André sur le second. Dos à nerfs orné. Deux fermoirs métalliques avec leurs lanières de cuir sont conservés. Les tranches sont dorées et gaufrées. Sur le peintre : Le colophon principal indique que le prêtre Barsegh est l'auteur de ce manuscrit. Il livre des informations biographiques et familliales. Ce scribe participa également à la réalisation d'un autre manuscrit provenant du village de Karahat : le célèbre évangéliaire copié en 1676 doté d'une remarquable reliure en argent (Matenadaran, ms. 5636). Sur la provenance : Le manuscrit s'ouvre par un colophon, postérieur, en mémoire du catholicos d'Aghouank Israël de Jraberd (1763-1765 puis 1786-1808), rédigé peu de temps après sa mort en 1808. La présence d'un colophon, avec des détails biographiques sur le premier feuillet du manuscrit suggère qu'il a appartenu, à un moment donné, à ce catholicos. Bien qu'il n'en ait pas été le commanditaire, il est possible qu'il en ait hérité ou qu'il lui ait été offert de son vivant. Le texte contient des informations sur la vie du catholicos, dont certaines sont inédites, notamment le nom de son père, le prince Apres. Le texte permet de corriger certaines sources historiques qui indiquent les dates du règne de Siméon de Jraberd comme étant de 1728 à 1763 alors que 1728 correspond à sa date de naissance tandis que 1763 marque son accession au catholicossat qui finit à sa mort en 1808. Le catholicos Israël de Jraberd joue un rôle central au début du XIX? siècle dans un contexte de profondes recompositions politiques et ecclésiastiques au Caucase méridional. Attaché au maintien de sa juridiction sur les diocèses de la région de Gandzak, il entreprend de multiples démarches afin de faire valoir son autorité, notamment par le biais de pétitions adressées aux autorités russes, désormais maîtresses de la région après sa conquête. Cependant, ses efforts se heurtent à une politique impériale clairement orientée en faveur du siège d'Etchmiadzine, dont la position est renforcée par le pouvoir russe, soucieux de centraliser l'autorité ecclésiastique arménienne. Le refus de reconnaître l'autonomie du catholicossat d'Aghouank (ancienne Albanie du Caucase ou Karabagh) conduit à marginaliser Israël, dont les tentatives de réaffirmer son autorité — notamment par la perception des revenus ecclésiastiques — suscitent des tensions locales et entraînent l'intervention directe des autorités. Écarté du pouvoir et finalement contraint à l'exil au Karabagh, Israël incarne ainsi la dernière tentative de préserver l'indépendance du catholicosat d'Aghouank. Son échec marque le déclin définitif de cette institution dans la région de Gandzak et son intégration progressive dans la sphère d'influence d'Etchmiadzine. Sur la décoration de l'ordre de Saint-André : L'ordre de Saint-André, plus haute distinction de l'Empire russe, était étroitement associé à la loyauté envers le tsar. Sa présence sur la reliure pourrait suggérer que le propriétaire du manuscrit appartenait à un milieu — ecclésiastique ou séculier — lié au pouvoir impérial, ou qu'il souhaitait manifester une forme d'adhésion au nouvel ordre politique russe. Dans cette perspective, il n'est pas exclu que le catholicos Israël de Jraberd, auquel le manuscrit semble avoir appartenu, puisse être associé à ce choix iconographique, en lien avec ses relations et ses démarches auprès des autorités russes. En l'absence de preuve attestant l'attribution de cet ordre à des Arméniens entre 1710 et 1808, il est toutefois probable que ce motif relève davantage d'un langage symbolique que d'une distinction effective. Dans le contexte des recompositions politiques et ecclésiastiques du début du XIX? siècle, marqué notamment par le déclin du catholicosat d'Aghouank et son intégration progressive dans la juridiction d'Etchmiadzine, l'usage de tels emblèmes impériaux pourrait ainsi être interprété comme une stratégie de légitimation ou comme l'expression d'une affiliation à l'autorité dominante. Sur le contenu : Il s'agit donc d'un recueil dévotionnel conçu comme un florilège de textes spirituels à la lecture, à la méditation et à la comm
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