Pierre-Auguste RENOIR (Limoges, 1841 – Cagnes-sur-Mer, 1919) - Lot 691

Lot 691
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Estimation :
12000 - 24000 EUR
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Pierre-Auguste RENOIR (Limoges, 1841 – Cagnes-sur-Mer, 1919) - Lot 691
Pierre-Auguste RENOIR (Limoges, 1841 – Cagnes-sur-Mer, 1919) et Richard GUINO (Gérone, 1890 – Antony, 1973) Madame Renoir ou Buste de Madame Renoir, 1916. Bronze à patine brun sombre. Signé à l’arrière Renoir et monogrammé GR. Numéroté 1/8. Inscrit à l’arrière : « © 1988 Guino-Renoir 1816 / Susse Frères Paris 1990 ». H 58 cm x L 59 cm x P 38 cm. On joint une colonne en bois laqué à l’imitation du marbre noir (H 125 cm). Bibliographie : - G. Aral, « Renoir-Guino : Duo-duel », in catalogue exposition Renoir et les familiers des Collettes (V. Journiac dir.), Cagnes-sur-Mer, Musée Renoir, 28 juin – 8 septembre 2008, Vence, Trulli, 2008, p. 96-105. - V. Journiac, Le Dernier Renoir : les années azuréennes, Nice, Les Éditions de Nicéphore, 2013, « L’œuvre sculpté » par G. Aral, p. 59-71. - P. Picard ; A. Le Normand-Romain (dir.), Guino-Renoir. La couleur de la sculpture, catalogue exposition Perpignan, musée d’art Hyacinthe Rigaud, 24 juin - 5 novembre 2023, Milan, Silvana Editoriale, 2023, p 139, ill. n° 88. Provenance : - Succession Guino, 1990. Experte : Virginie JOURNIAC, Experte agréée CECOA, FNEPSA ET CEDEA Exécuté durant l'été 1916, ce buste de Madame Renoir constitue l'un des témoignages les plus personnels de la collaboration entre Pierre-Auguste Renoir et Richard Guino. Contrairement aux sculptures réalisées dans le cadre du contrat qui liait Renoir au marchand Ambroise Vollard, cette œuvre relève d'une commande privée directement passée par le peintre au jeune sculpteur catalan. En juin 1916, Guino vient d'achever l'ensemble du vaste programme du Jugement de Pâris commandé par Vollard – comprenant la Vénus victorieuse, le Buste de Pâris, les reliefs du socle et les six médaillons – lorsqu'il reçoit, le 23 juillet 1916, une lettre de Renoir l'invitant à le rejoindre au plus vite à Essoyes : « Voulez-vous venir le plus tôt possible me retrouver à Essoyes. J'ai une étude représentant ma femme assise. Je voudrais que vous fassiez d'après ce tableau un buste en terre à modeler. » Le projet répond à une intention profondément intime. Renoir souhaite réaliser un monument destiné à la tombe de son épouse Aline Charigot, disparue l'année précédente. Pour ce faire, il demanda à Guino de traduire en sculpture son célèbre portrait de 1885 représentant Aline coiffée d'un chapeau fleuri. Destiné au seul usage de la famille, le buste n'entre pas dans le contrat conclu avec Vollard ; Guino est donc rémunéré directement par Renoir, notamment par l'échange d'une nature morte du peintre. À la même époque, Guino entreprend également une Maternité inspirée d'un tableau de Renoir de 1886 figurant Aline allaitant leur fils Pierre. Ce projet demeurera toutefois inachevé. Le buste de Madame Renoir connaîtra ensuite plusieurs tirages en plâtre, dont plusieurs exemplaires sont aujourd'hui documentés. L'un localisé chez Durand-Ruel ; un autre appartenant à Jean Renoir aux États-Unis ; un troisième présenté lors de l'exposition Renoir-Guino à Busto Arsizio en 1997 ; un quatrième présenté dans l'exposition de Cagnes-sur-Mer en 2008 ; un cinquième, issu de l'ancienne collection de Paul Renoir (anciennement coll. Rima Fine Art Gallery) ; enfin un sixième exemplaire, patiné couleur bronze, exposé par la Galerie Martin du Louvre au Salon des Antiquaires d'Antibes en 2012. Le modèle donne également naissance à plusieurs versions dans d'autres matériaux. Une remarquable épreuve en mortier de chaux hydraulique et de sable, polychromée a fresco, a été acquise par l'État en 1955 auprès de Maurice Renou et est aujourd'hui conservée au musée d'Orsay. Une version en terre cuite a été offerte en 1967 au Musée Renoir par Claude Renoir. Concernant les éditions en bronze, quatre campagnes de fonte sont connues : une première de six exemplaires réalisée par Rudier avant 1952 ; une édition de vingt exemplaires par Valsuani dans les années 1950 ; une seconde édition Valsuani de huit exemplaires accompagnée de quatre épreuves d'artiste avant 1977 ; enfin une édition Susse, à partir de 1988, de huit exemplaires, quatre épreuves d'artiste et une épreuve hors commerce. Une épreuve sur piédouche destinée à la tombe d'Aline Renoir au cimetière d'Essoyes sera enfin fondue par Godard, vraisemblablement d'après le plâtre conservé par Jean Renoir. Par son origine intime, son lien direct avec le deuil de Renoir et la correspondance autographe qui en retrace précisément la genèse, le buste de Madame Renoir occupe une place tout à fait singulière dans l'œuvre sculpté élaboré par le tandem Renoir-Guino. Il illustre un moment où la sculpture quitte le champ de la commande commerciale pour devenir l'expression d'un hommage profondément personnel, faisant de cette effigie l'une des créations les plus émouvantes issues de leur collaboration. LE RETRAIT DES LOTS SE FERA A DOURDAN (Essonne) S
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